Retour

Désolée de ne pas être très présente, voici un petit texte pour me faire pardonner, passez un bon dimanche ♥

Le soir est doux, lent, paisible. Ou peut-être a-t-elle cette impression car elle est épuisée, sa journée a été longue, trop longue pour une petite fille comme elle. Les lumières de la ville passent à travers les vitres de la voiture et courent sur son visage. Le chaos de la route la berce, sa tête s’affaisse un peu. Elle a beaucoup joué, aujourd’hui, beaucoup couru et papillonné à droite, à gauche. C’est épuisant une vie d’enfant, en fin de compte. Ses paupières s’abaissent petit à petit sur ses yeux fatigués, jusqu’à se fermer complètement. Dans son esprit s’invitent les cris des autres enfants, leurs rires l’emmènent dans ses rêves. Sa petite main qui serrait son ours en peluche se détend, ce dernier semble sourire : elle peut encore rêver, encore un tout petit peu, même si ce taxi la conduit vers la réalité. Il en sera toujours ainsi : les minutes, les heures et les jours couleront encore lorsqu’elle aura dix, vingt, cinquante ans de plus, la réalité reviendra la chatouiller, la sortant de son bonheur.

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Amor

Pour vous faire patienter -deux défis images arrivent.

Tu sais, j’ai retrouvé ton nom. Comme ça, un soir, sans y faire trop attention. Je ne sais plus trop pourquoi j’y ai pensé, cette nuit là. Peut être à cause de toutes ces révoltes, peut être parce que j’ai peur que tu en sois, qu’il t’arrive quelque chose. Il devait être très tard, je me souviens de m’être frotté les yeux avant de taper ces quelques mots sur internet : ton pays, ta ville, ton prénom. J’ai lancé la recherche. Sans trop d’espoir d’ailleurs, un homme du désert ça n’a pas de facebook. Et je ne connais même pas ton nom de famille. De toute façon, dans le Sahara, ça ne sert à rien.

Puis j’ai vu. J’ai lu qu’un groupe d’inconnu avait été dans le désert avec toi. Et un autre. Ca m’a fait mal, un grand coup dans le cœur, de ceux qui te touchent là où ça ne guérit pas. Tu les as emmenés : dans mon univers, dans le notre ! Leur as-tu montré, comme tu l’avais fait pour moi, les carrières de roses des sables, la façon dont tu fais le pain ? Ont-ils connu la douceur de tes mots quand tu parles de ton pays, et la lumière dans tes yeux quand tu me parlais ? Est-ce que toi aussi tu les as emmenés, galoper dans les dunes, juste toi, et eux ?
Toutes ces choses, les ont-ils vécues ? Les ont-ils vécues de la même façon que toi et moi ?

J’ai l’impression qu’ils t’ont volé, qu’ils t’ont arraché de mon être. C’était à moi tout ça, à nous. Ils ont ouvert ma poitrine et transpercé mon coeur. Mais c’est peut-être moi, le dernier jour, qui t’ai évité. Tu voulais me donner ton numéro. Je pense, avec le recul, que j’ai eu un peu peur que ça aille trop vite, que je ne voulais pas te connaître ailleurs que là-bas.
Pardonne moi. Je ne sais pas si tu penses encore à moi, dans notre désert, si tu te rappelles de mon visage, de tout ce que tu m’as dit. Pour moi rien n’a changé. Je regrette, c’est tout, je m’en veux de ne pas avoir gardé de lien avec toi.
Et je m’en veux de ne pas avoir le courage de te retrouver. Tu dois être marié aujourd’hui.

A nous, alors, comme si nous pouvions tout recommencer, comme si nous pouvions être là bas, éternellement.

Je t’aime