Calendrier de l’Avent – 3

Le ciel est bleu aujourd’hui, un bleu féroce, acide, glacé. Il fait froid. Mais pas un froid léger, apaisant : un froid piquant, qui s’insinue sous les manteaux, les écharpes et les bonnets.

Quand il respire, une douce fumée blanche sort des narines de Camille. Même s’il tremble un peu à cause de la température, il est calme. Le jeune homme avance tranquillement dans la rue, les mains dans les poches, pour se rendre à son travail. Tous les matins, il prend de l’avance, pour pouvoir se détendre le temps du trajet, en faire une promenade. Et prendre son temps.

Non, vraiment, il n’a pas hâte d’être à nouveau au milieu du bruit des caisses enregistreuses, des courses que l’on pose, que l’on reprend, des enfants qui braillent et des vieux qui s’énervent. Il s’en passera encore un petit peu.

Il marche le long de l’avenue qui mène au supermarché dans lequel il travaille, et pense. Il a l’esprit ailleurs.
Quand on le regarde vaguement, il est comme tous les jeunes hommes de son âge, un peu séducteur, plutôt mignon. Mais si l’on prend la peine de s’attarder sur son visage, on s’aperçoit que ses traits sont tirés, qu’il semble éreinté. Comme s’il portait une charge trop lourde pour son âge. Comme s’il avait une responsabilité trop pesante.
Mais rien en lui ne se révolte. Il est calme.

D’autant plus que c’est bientôt Noël. On se réjouit, normalement, à Noël.

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Défi#2 Alexis

Première participation au défi numéro deux, une image d’Alexis !

Image proposée par Alexis

Mes pales vermoulues tournent avec lenteur dans le vent déchaîné. Je lutte pour rester debout encore un peu, je veux juste un instant de plus me dresser dans le ciel.

Autrefois j’étais leur richesse, leur compagnon de tous les jours, ils n’auraient pu imaginer la vie sans ma présence. Les hommes entraient avec d’énormes sacs de blés, repartaient avec de la farine. Je les nourrissais, ils mangeaient du pain grâce à moi ! Et ils m’aimaient, les enfants, l’été, cherchaient de la fraîcheur dans mon ombre. Souvent, une famille venait déjeuner à mes pieds, sur une grande nappe à carreaux. Je me rappelle aussi du vacarme de mes entrailles, des cris des meunier, et du long pèlerinage de charrettes que je voyais se perdre derrière les collines, tant ma renommée était grande.

Certains disent qu’il n’est pas bon de trop se souvenir. Mais c’est tout ce qu’il me reste, car depuis que la guerre a éclaté, je suis seul. Ils sont tous partis, tous. Mais moi je suis resté.

Et maintenant, je tente de survivre à chaque rafale de vent chargée de poudre, de rester debout, coûte que coûte. Et j’espère les revoir, j’espère qu’un jour ils se souviendront de moi, que je n’aie plus à lutter, que tout soit comme avant…

Le violon

Le violon

La pièce est presque vide. Au centre se trouve une simple table, sur laquelle un étui est posé.

La porte s’ouvre. Une jeune femme entre d’un pas discret, et s’avance vers le milieu de la salle. Elle s’arrête au niveau de l’étui, semble réfléchir longuement. Puis elle décide qu’il est temps, pose sa main sur le tissu noir. Son corps paraît parcouru de frissons, de légers tremblements comme si elle entendait un coeur battre, qu’elle sentait la vie, ici, sous sa main. Ses doigts fins glissent sur la boîte et saisissent la fermeture.

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