As-tu déjà été heureux ? / Have you ever been happy?

The text in English is just above the one in French

As-tu déjà été heureux ?
Inspire, expire avec douceur, ferme les yeux. Inspire lentement, profondément. Expire.
As-tu déjà été heureux ?
Écoute ton coeur battre, essaie de sentir ton corps vivre. Le sang galope dans tes veines, tes poumons se gonflent et se dégonflent. C’est toi, tu es bien là.
Le vent fait frémir ta peau, juste un peu, un tout petit peu. Tu ressens quelque chose, maintenant, quelque chose de doux et de frais. Tu es calme, paisible.
As-tu déjà été heureux ?
Tu ouvres les yeux. Toutes ces couleurs, ces sensations, ces sons, ces odeurs et ces goûts autour de toi ; toutes ces choses à découvrir.
La vie est simple, la vie est belle. La vie fait parfois mal, la vie fait parfois pleurer, la vie fait mourir. Mais la vie est incroyablement belle.
Tu es heureux.

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Have you ever been happy?
Breathe in, breathe out softly, close your eyes. Breathe in slowly, deaply. Breathe out.
Have you ever been happy?
Listen to your beating heart, try to feel your living body. Your blood gallops in your veins, your lungs fill up with oxygen, empty. It is you, you are really here.
The wind makes your skin quiver, just a bit, a little bit. You feel something, now, something soft and fresh. You are calm, peaceful.
Have you ever been happy?
You open your eyes. All these colors, these feelings, these sounds, these smells and tastes around you ; all these things to discover.
Life is simple, life is beautiful. Life sometimes hurts, life sometimes makes you cry, life makes you die. But life is unbelievably beautiful.
You are happy.

Un clou

Ecrire sur un clou ? Mais que dire, surtout quand aucune consigne n’est donnée…

          Un clou. Juste un clou posé sur une simple table. Couché, comme renversé par plus fort que lui. Les bords de sa base sont un peu abimés, et il n’est plus très droit. La rouille commence à l’attaquer, doucement mais sûrement. Bien sûr il a été luisant, brillant, droit et pointu ! Quand il était jeune, tout droit sorti de l’usine il avait été acheté par un tout jeune père de famille. Il soupire. Comme il était fougueux, impatient de servir, de maintenir, c’était son rôle de clou après tout ! Et un jour, effectivement, on l’avait cloué. Il ne sait même plus à quoi, pourquoi. Tout fier il avait tenu, longtemps. Il avait commencé à vieillir, aussi, petit à petit. Le temps faisait son travail, année après année. Et puis un jour il était tombé. Sûrement à cause de l’adolescent de la maison qui avait encore une fois claqué la porte. Il était resté par terre quelques jours. Puis la mère l’avait aperçu et jeté sur la table en disant que la petite aurait pu se blesser et qu’elle en avait marre de cette maison. Et elle avait claqué la porte. Maintenant il attendait. Quoi ? Que quelqu’un le récupère et le jette, qu’il finisse sa vie de clou. Il avait hâte.