Stade 4

Une nouvelle forte et intense d’après ceux qui l’ont déjà lue…

Stade 4

Mon corps engourdi reprend connaissance tout doucement. J’essaie de me redresser pour voir dans quel état je suis, mais je ne ressens rien, mes muscles ne répondent plus : je n’arrive pas à me soulever. J’ai mal, enfin, je crois. Je veux hurler : mes lèvres restent impassibles, elles refusent de laisser passer le moindre son. C’est incompréhensible. J’essaie de bouger, ne serait-ce qu’un peu, j’essaie même de tomber, de faire du bruit, de me convaincre que j’existe encore.

Au dessus de moi, un faux plafond, sûrement blanc à l’origine, un peu jauni aux angles. De fines craquelures le zèbrent. Mes yeux ne veulent toujours pas remuer, je ne vois pas les murs. Dehors, des talons affairés claquent et des voix s’interpellent. Je ne me rappelle de rien. Je sens mon corps vivre grâce aux sifflements des machines : pour chaque respiration, pour chaque battement de cœur, un bip vient m’annoncer que je ne suis pas en train de mourir. L’orchestre électronique me maintient en vie. Que m’est-il arrivé ?

Je crois que j’étais partie sur un coup de tête, ce soir-là, à moto dans la campagne. Une nuit de plus à rouler, à défier l’obscurité pour me défaire de ma colère. Mais je n’ai pas gagné, cette fois-ci

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La porte s’ouvre, j’entends deux pas, légers, féminins sans doute. Les présences s’approchent, mes yeux s’ouvrent. L’une d’elles, cheveux blonds attachés, est penchée au dessus de moi, la main sur mon visage : c’est elle qui m’a rendue la vue. Je distingue le sien, qui me paraît jeune, fatigué, peut-être un peu triste. Je dois être une de ses dernières patientes, à en juger par ses cernes, ses traits éreintés. Elle me dit que tout va bien se passer et s’éloigne pour remplir une fiche. L’autre voix, sèche, égrène point par point des paramètres médicaux qui sont sûrement les miens :  » Respiration, OK. Tension à 12/8, stable. Rythme cardiaque à 72, stable. Pas de réflexes.  » Des mots jetés sur une feuille de papier, qui donnent grâce à une équation presque mathématique, mon état de santé.

« Coma stade 4. « 

Le stylo de ma première infirmière arrête de gratter la feuille de soins. Lire la suite

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Prix Clara

En fouillant un peu sur la webosphère, je suis tombée sur un concours qui m’a paru intéressant

Le prix Clara

Qu’est-ce ?

Ce prix a été créé en 2006, en mémoire d’une adolescente, Clara, décédé à l’âge de treize ans des suites d’une malformation cardiaque. Depuis bientôt six ans, il réunit un jury composé de douze personnes du monde de l’édition et de la littérature, présidé par Erik Orsenna. Chaque année ils reçoivent plusieurs centaines de textes, et en retiennent quelques uns dans le but de publier un recueil. Pour vous donner une idée, en 2007, le jury a reçu 600 textes et il y a eu 6 lauréats. (1%, je sais, mais ne vous découragez pas tout de suite nonmého !)

Donc on gagne des sous ?

Citation:
Les bénéfices de la vente du livre seront versés à l’Association pour la recherche en cardiologie de l’hôpital Necker-Enfants malades (ARCFA)

Néanmoins, votre nouvelle sera publiée aux éditions Héloïse d’Ormesson, et vous serez conviés une journée à Paris (les photos montrent une salle pas mal du tout !) pour la remise des prix et des rencontres. Vous serez peut être également repéré par des éditeurs, des écrivains… C’est donc un beau tremplin (et écrire doit rester un plaisir, ne soyez pas cupides) !

Mais comment qu’on fait ?

Pour participer, il faut tout d’abord écrire une nouvelle (oui, je sais, c’est un peu dur mais on n’a rien sans rien). Cette nouvelle devra être en français, composée de 5 à 70 pages (7500 à 105 000 signes, à vous de gérer votre pagination) et vous devrez en être l’unique auteur incontesté (pas de textes écrits à plusieurs et pas de plagiat vous serez mignons !). Il n’y a aucun thème imposé -donc thème libre-, et peuvent participer tous auteurs francophones âgés de moins de dix-huit ans au 28 septembre 2012. Il vous faudra joindre une déclaration sur l’honneur que c’est bien vous qui avez écrit tout ça, parce que sinon ça va pas !
Quand vous avez votre nouvelle et qu’elle respecte ces conditions (que vous les respectez aussi bien entendu), vous pouvez l’envoyer. Ce concours est ouvert jusqu’au 11 mai 2012. Deux solutions s’offrent à vous:

– si vous faites confiance à la poste, par voie postale à l’adresse suivante :
Editions Héloïse d’Ormesson / Prix Clara
3 rue Rollin
75005 Paris

– si vous ne faites pas confiance à la poste, par e-mail à prixclara@editions-heloisedormesson.com

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Voici donc la raison pour laquelle il n’y a pas beaucoup de chances que de nouveaux articles soient publiés avant une dizaine de jours. J’espère vraiment réussir à fournir un travail de qualité, agréable à lire, et ayant au moins une petite chance face à tous les autres. La compétition s’annonce rude !

Si vous n’avez pas le courage d’écrire plusieurs pages en dix jours, il vous reste toujours le concours de mon blog !