Le départ

Tu sais, on l’a promis, on se reverra.
La fin, ça arrive d’un coup, tu ne l’as pas sentie venir et elle est déjà là, elle t’attend là-bas, au bout du chemin. Elle t’a sauté dessus alors que tu commençais à peine à peindre tous ces visages dans ton cœur. Il y en avait des visages, de toutes les nuances du monde, de toutes les humeurs de la terre. Mais déjà il faut les remplacer, les mettre de côté pour retourner avec ton quotidien. Mais il n’effacera pas ces regards. Pas ceux-là.
Alors oui, ça tord le cœur et ça inonde ton visage, mais tu sais que tu as vécu. Durant ces quelques poignées d’heures, tu as vécu comme personne avant toi, tu as vécu de ces regards, de ces sourires et de ces mots que l’on t’offrait. Tu as découvert tant d’humains -tant d’humain.
Alors oui, ta voix tremble de ne pas trouver de mots à la hauteur, ton corps se tend de peur de rater cette dernière étreinte. Et ton regard cherche à capturer les derniers fragments de bonheur qui te glissent entre les doigts. Saisis-les et enfuis-toi avec, cache-les dans un vieux coffre en bois à l’abri au creux de tes mains. Lorsque le monde te semblera fade tu iras t’y perdre, tu nous retrouveras comme si nous venions de nous quitter et nous irons rire de ceux qui pensent que la vie est sérieuse.
Tu sais, on se reverra.

Poésie en liberté : remise des prix 2013

Le 22 Novembre dernier se tenait à Paris, dans la salle des fêtes de la mairie du 4ème, la remise des prix du concours Poésie en Liberté. 

En tant que publiée dans le recueil, j’ai été invitée à la cérémonie : j’habite dans la banlieue parisienne, il eut été dommage de se priver d’une telle occasion ! La cérémonie débutait à 19h30, mais avec mon papa nous dûmes arriver une demie-heure avant : ce fut donc aux alentours de sept heures du soir que nous parvînmes à la mairie (deux verbes au passé simple dans une seule phrase : je vous fais travailler votre conjugaison aujourd’hui !). La salle des fêtes du 4ème est très jolie, ornée de peintures que j’aurais du mal à dater, très lumineuse et d’une taille vraiment adaptée à ce genre d’événement : nous n’étions ni perdus, ni à l’étroit. Mais il y avait du monde !

Photographies du site Poésie en Liberté

Au début, nous ne savions pas vraiment où nous installer : la salle était presque vide et, il faut l’avouer, j’étais un peu perdue et stressée, je ne me sentais pas vraiment à ma place. Il faut savoir que je suis publiée, et non lauréate ; sur 5000 textes du monde entier, moins d’une centaine ont été publiés, et parmi ceux-là un peu plus de la moitié ont reçu un prix, selon leurs catégories. Il faut savoir qu’il existe  plus d’une dizaine de catégories, récompensant à chaque fois plus d’un poème. Par exemple, le Prix des Lycées français récompense trois élèves de Seconde, trois élèves de Première et trois élèves de Terminale. Le nombre de prix s’élève à 65, pour trois places dans ma catégorie (Lycée général, classe de Première). Je n’ai donc pas fait partie des trois premiers, mais de l’anthologie, rejoignant ainsi une petite trentaine d’autres publiés qui n’avaient pas trouver à se caser dans le classement final. D’où ce problème de légitimité : nous n’étions que deux publiés présents, les autres habitaient trop loin pour se déplacer uniquement pour la soirée, et seuls les premiers prix avaient eu leur voyage payé par les organisateurs du concours. Autour de moi on parlait de prix, de classements, de journée à Paris ; alors, je me suis assise du côté des lauréats et j’ai attendu le début de la cérémonie.

A droite de la photo, les lauréats, à gauche, les officiels, au fond, les familles, amis, visiteurs…

Photographies du site Poésie en Liberté

La remise des prix a duré trois heures : les discours des partenaires du concours alternaient avec la proclamation des différents prix, les lectures des poèmes des lauréats avec des poèmes et des chansons d’artistes. C’était la première fois que j’assistais à une telle cérémonie, ce fut l’occasion pour moi de découvrir que certaines personnes maîtrisaient plus ou moins bien l’art de faire des discours pour ne pas dire tant de choses que ça, d’assister pour la première fois à des lectures de poèmes, que ce soit par le poète lui-même ou par des acteurs ; ce fût, sans conteste, une belle soirée.

Photographies du site Poésie en Liberté

Parmi les artistes : deux m’ont particulièrement touchée. Le premier à passer fut Kim Léou, un jeune homme qui a jonglé avec les mots et leurs sens, leurs sonorités ; ses rimes faisaient sourire et on se perdait dans la musique de l’instrument et de sa voix. Ce fut un très beau moment, j’en fis part à mon voisin de droite, qui me répondit, mi-blasé mi-amusé : « C’est du Kim« .
Je ne lui ai pas trouvé de site ou de page, si jamais vous lui en connaissez une, n’hésitez pas à le signaler que je puisse l’ajouter.

Photographies du site Poésie en Liberté

Un peu plus tard dans la soirée, ce fut au tour de Margaux Guilleton et de Hugo Vellenne de se produire devant nous accompagnés de quelques chansons. Un joli moment, un peu coupé du monde et du bruit extérieur, on avait l’impression d’être seuls avec eux, eux qui respiraient l’amour. Si jamais vous avez l’occasion de les croiser, s’ils chantent ailleurs et que vous êtes dans les parages : allez-y sans hésitation !

Nous voici tous sur la page d’accueil du site de Poésie en Liberté !

Cette soirée fut pleine de poésie, même si dans certains discours on sentait la nécessité de parler pour affirmer une présence, plutôt que pour appuyer la richesse d’un tel moment ; mais ils ne prirent qu’une partie infime de ces trois heures.

Grâce à la cérémonie, j’ai pu faire de belles rencontres et j’espère bien rester en contact avec ces personnes rencontrées, afin de ne jamais cesser de voir la beauté du monde, et toute la poésie qu’il contient !

Photographies du site

Photographies du site Poésie en Liberté

Poésie en liberté est un concours via internet. Tout jeune en formation de 15 à 25 ans, quel que soit son pays ou son parcours, peut y participer gratuitement.

Aujourd’hui le numérique est courant, voire banal. Le livre qui hier encore était totalement hégémonique devient furtif ! Poésie en liberté aurait pu en rester au numérique, publication des poèmes primés incluse.

Le pari n’est pas celui du « tout numérique » : il est aussi celui du grand avenir que le livre papier conservera. Chaque année, Poésie en liberté éditeun recueil qui contient les poèmes des lauréats et une cinquantaine d’autres poèmes retenus par le Jury selon un classement méthodique.

Poésie en liberté recherche le partenariat d’éditeurs de poésie et incite à rencontrer les poètes d’aujourd’hui et de jadis par le livre. Le livre est en lui-même une oeuvre d’art !

Je tenais également à remercier Yen Kuan pour toute l’organisation relative au concours : merci de m’avoir conviée à cette belle soirée !