Calendrier de l’Avent – 3

Le ciel est bleu aujourd’hui, un bleu féroce, acide, glacé. Il fait froid. Mais pas un froid léger, apaisant : un froid piquant, qui s’insinue sous les manteaux, les écharpes et les bonnets.

Quand il respire, une douce fumée blanche sort des narines de Camille. Même s’il tremble un peu à cause de la température, il est calme. Le jeune homme avance tranquillement dans la rue, les mains dans les poches, pour se rendre à son travail. Tous les matins, il prend de l’avance, pour pouvoir se détendre le temps du trajet, en faire une promenade. Et prendre son temps.

Non, vraiment, il n’a pas hâte d’être à nouveau au milieu du bruit des caisses enregistreuses, des courses que l’on pose, que l’on reprend, des enfants qui braillent et des vieux qui s’énervent. Il s’en passera encore un petit peu.

Il marche le long de l’avenue qui mène au supermarché dans lequel il travaille, et pense. Il a l’esprit ailleurs.
Quand on le regarde vaguement, il est comme tous les jeunes hommes de son âge, un peu séducteur, plutôt mignon. Mais si l’on prend la peine de s’attarder sur son visage, on s’aperçoit que ses traits sont tirés, qu’il semble éreinté. Comme s’il portait une charge trop lourde pour son âge. Comme s’il avait une responsabilité trop pesante.
Mais rien en lui ne se révolte. Il est calme.

D’autant plus que c’est bientôt Noël. On se réjouit, normalement, à Noël.

L’égarée

Quelques lignes, cela fait si longtemps que je n’ai pas posté…

Elle était là depuis longtemps, lovée au creux de l’arbre, endormie comme un enfant dans les bras de sa mère. Ses genoux repliés contre sa poitrine se soulevaient régulièrement, suivant le rythme de sa respiration : un bras les maintenait en place, l’autre, laissé libre, se balançait avec douceur. Détachés, ses longs cheveux clairs frémissaient au moindre souffle, à la moindre brise qui parcourait la forêt. L’ombre des feuillages protégeait son teint clair, qui faisait ressortir la couleur cerise de ses lèvres.
Elle ressemblait un peu à une poupée fragile, oubliée là par quelqu’un d’étourdi, ou quelqu’un qui n’aurait pas voulu d’elle.

Des jours comme ça

Fait en atelier d’écriture, en quelques minutes.

Il y a des jours comme ça.
Des jours comme ça, des jours comme si, comme si rien n’allait plus. Il pleut, l’océan se déverse; le chien aboie, le bébé pleure. Et puis toi tu te retrouves là. Assis. Bloqué. Enfermé. Il y a des jours comme ça où tu te demande ce que tu fais, entre les voitures qui bourdonnent et les sirènes qui hurlent. Des jours où tu aimerais bien partir.
Des jours comme ça.