Carte postale / Postcard

Le texte en français est juste en dessous.

The sky is blue, the water is clear, the wind is starting to rise. The sun is softly heating the bathers’ skin and running the droplets on their shinning bodies. Between their feet fish of every size scurry away, frightened by all this hussel and bussel. Laughter and words break the silence, warming up hearts. It is the summer. Bodies brush againsteach other, eyes meet and smiles appear. It is the summer. The deep green of trees, the dry green of grass, the blue green of seaweed, all of them are mixing and drazzling. The blue of the sky is melting into the blue of water.

It is cold now.

She puts down the photograph on her bedtable. The green doesn’t fade into several shades anymore, all blues are the same. Time went by and took everything. So, she goes away to cook lunch for her husband and children, without hearing whispers and echos from a time she was happy, from a time she was a child.

Le ciel est bleu, l’eau est claire, le vent se lève. Le soleil chauffe la peau des baigneurs avec douceur et chasse les gouttelettes d’eau qui perlent sur leurs corps brillants. Entre leurs pieds s’enfuient des poissons de toutes tailles, effrayés par tant de vacarme. Les rires et les mots brisent le silence, réchauffent les coeurs. C’est l’été. Les corps se frôlent, les regards se croisent et les sourires naissent. C’est l’été. Le vert profond des arbres, le vert sec de l’herbe, le vert bleu des algues, tous se mélangent et éblouissent. Le bleu du ciel se fond dans celui de l’eau.

Il fait froid maintenant.

Elle repose la photographie sur sa table de chevet. Le vert ne se décline plus en autant de nuances, les bleus sont tous les mêmes, tristes, fades. Le temps est passé et a tout emporté. Alors, elle s’éloigne pour préparer le repas de son mari et ses enfants, sans entendre les murmures et les échos d’un temps où elle était heureuse, d’un temps où elle était enfant.

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Défi#2 Alexis

Première participation au défi numéro deux, une image d’Alexis !

Image proposée par Alexis

Mes pales vermoulues tournent avec lenteur dans le vent déchaîné. Je lutte pour rester debout encore un peu, je veux juste un instant de plus me dresser dans le ciel.

Autrefois j’étais leur richesse, leur compagnon de tous les jours, ils n’auraient pu imaginer la vie sans ma présence. Les hommes entraient avec d’énormes sacs de blés, repartaient avec de la farine. Je les nourrissais, ils mangeaient du pain grâce à moi ! Et ils m’aimaient, les enfants, l’été, cherchaient de la fraîcheur dans mon ombre. Souvent, une famille venait déjeuner à mes pieds, sur une grande nappe à carreaux. Je me rappelle aussi du vacarme de mes entrailles, des cris des meunier, et du long pèlerinage de charrettes que je voyais se perdre derrière les collines, tant ma renommée était grande.

Certains disent qu’il n’est pas bon de trop se souvenir. Mais c’est tout ce qu’il me reste, car depuis que la guerre a éclaté, je suis seul. Ils sont tous partis, tous. Mais moi je suis resté.

Et maintenant, je tente de survivre à chaque rafale de vent chargée de poudre, de rester debout, coûte que coûte. Et j’espère les revoir, j’espère qu’un jour ils se souviendront de moi, que je n’aie plus à lutter, que tout soit comme avant…