Défi#2 Alexis

Première participation au défi numéro deux, une image d’Alexis !

Image proposée par Alexis

Mes pales vermoulues tournent avec lenteur dans le vent déchaîné. Je lutte pour rester debout encore un peu, je veux juste un instant de plus me dresser dans le ciel.

Autrefois j’étais leur richesse, leur compagnon de tous les jours, ils n’auraient pu imaginer la vie sans ma présence. Les hommes entraient avec d’énormes sacs de blés, repartaient avec de la farine. Je les nourrissais, ils mangeaient du pain grâce à moi ! Et ils m’aimaient, les enfants, l’été, cherchaient de la fraîcheur dans mon ombre. Souvent, une famille venait déjeuner à mes pieds, sur une grande nappe à carreaux. Je me rappelle aussi du vacarme de mes entrailles, des cris des meunier, et du long pèlerinage de charrettes que je voyais se perdre derrière les collines, tant ma renommée était grande.

Certains disent qu’il n’est pas bon de trop se souvenir. Mais c’est tout ce qu’il me reste, car depuis que la guerre a éclaté, je suis seul. Ils sont tous partis, tous. Mais moi je suis resté.

Et maintenant, je tente de survivre à chaque rafale de vent chargée de poudre, de rester debout, coûte que coûte. Et j’espère les revoir, j’espère qu’un jour ils se souviendront de moi, que je n’aie plus à lutter, que tout soit comme avant…

Publicités

La tempête.

Laissez vous emporter…

Autour de nous le vent hurle, la pluie s’abat avec rage et le ciel, torturé, se fend à chaque éclair. Des vagues démesurées frappent le navire, simple fétu de paille sur l’océan, cet immense champ de bataille. Je vois mes hommes crier, s’agripper, et se faire emporter par les démons de la tempête. Mon équipage ne tiendra pas longtemps: je serre la barre et lutte un peu plus à chaque instant pour nous sauver. Soudain une vague me fait perdre l’équilibre, je roule sur le pont et passe par dessus bord: me voilà porté par l’eau en furie. J’essaie de demeurer à la surface, mais je sens qu’une force me tire vers les fonds obscurs. Mon bateau s’éloigne, adieu, je ne le reverrai jamais…

– Pose moi ce livre !
Maman vient d’entrer dans ma chambre.
– Et tu as vu comme tes couvertures sont défaites ? On dirait que tu viens d’essuyer un ouragan ! Allez, dors, maintenant.