Le syndrome de la page blanche

Je n’ai pas posté depuis plus d’une semaines… C’est mal !

Je suis assis, droit comme un piquet, sur ma chaise de bureau. Devant moi, une feuille : une seule, je ne me sens pas très inspiré aujourd’hui. Mais bon, je dois écrire, cela fait longtemps que je n’ai pas couché mes mots sur le papier. Et aujourd’hui cette tache se révèle particulièrement ardue. Mon fidèle stylo plume est là, lové dans ma main droite, attendant le départ. Mais je ne donne pas de signal: aucune idée ne me traverse l’esprit, j’ai beau chercher, je ne trouve pas la moindre chose à raconter.

La feuille blanche me nargue, j’en suis sûr. Elle trouve ça drôle, elle rit de me voir immobile, le visage crispé. Mais qu’est-ce que je pourrais bien faire pour la remplir ? Pour écrire quelques phrases, seulement… Les premières sont toujours les plus dures à trouver, c’est comme ça. Il faut du temps pour que l’imagination se dénoue et nous abreuve de tout ce qui nous avait fait défaut jusque là. Après, il n’y a plus qu’à faire un tri raisonnable dans toutes les histoires aberrantes qu’il imagine, laisser courir la plume, et le tour est joué.

Mais pas aujourd’hui. Cette feuille m’insupporte. Elle me fixe depuis tout à l’heure: je déteste être épié quand j’écris. Alors ça ne va pas, non, non et non ! Je l’attrape. « Mais tu vas me laisser  tranquille oui ? » Et voilà que je parle à une feuille. Je ne vais pas bien… Mon stylo ne réagit pas. Il a sûrement peur d’elle, de sa clarté qu’il n’ose tâcher. Tu parles, va bien falloir faire sortir quelques lettres au moins !

Je n’y arrive pas, je n’y arrive pas… Je n’y arrive pas !

Alors je saisis le stylo, le lève, et écrase la plume contre ce crétin de papier.

J’y suis peut être allé un peu fort. Un peu trop. Au moins j’ai écrit: une flaque d’encre forme vaguement un f.

F comme fin.. La prochaine fois j’écrirais à l’ordinateur.

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Le violon

Le violon

La pièce est presque vide. Au centre se trouve une simple table, sur laquelle un étui est posé.

La porte s’ouvre. Une jeune femme entre d’un pas discret, et s’avance vers le milieu de la salle. Elle s’arrête au niveau de l’étui, semble réfléchir longuement. Puis elle décide qu’il est temps, pose sa main sur le tissu noir. Son corps paraît parcouru de frissons, de légers tremblements comme si elle entendait un coeur battre, qu’elle sentait la vie, ici, sous sa main. Ses doigts fins glissent sur la boîte et saisissent la fermeture.

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