Calendrier de l’Avent – 2

Hier, il neigeait, mais aujourd’hui, il pleut. Une pluie grise et triste, qui s’insinue partout, portée par le vent.

Marine court dans la rue. Avec ces rafales, elle n’a même pas pu prendre son parapluie. Alors, ses cheveux mouillés battent contre ses tempes au rythme de ses foulées, et les gouttes d’eau dégringolent le long de son visage, de son cou. Il fait nuit, et sur son passage les lumières des décorations de Noël scintillent. Elle n’aime pas Noël. Elle n’aime plus.

Quand elle était petite, toute la famille se retrouvait et passait décembre au pied du sapin, tout contre la cheminée, à manger des bonnes choses et à déballer des cadeaux. Mais la famille s’est fâchée et les grands-parents sont partis, achevant de briser ces minces liens qui la rassemblaient encore.

Maintenant, les deux semaines de vacances de Noël sont uniquement du temps en plus pour se disputer.
Elle arrive enfin au lycée, grimpe les deux étages qui la séparent de sa chambre, se jette sur son lit. Et pleure.

Ses larmes coulent comme la pluie au dehors, sans fin.
Noël, noël, que des foutaises ! Des sornettes pour se faire du fric, pour vendre encore plus ! C’est pas un moment pour s’aimer. On peut s’aimer tout le temps, toute l’année !
Son corps, recroquevillé sur son lit, est secoué par les sanglots.

Un clou

Ecrire sur un clou ? Mais que dire, surtout quand aucune consigne n’est donnée…

          Un clou. Juste un clou posé sur une simple table. Couché, comme renversé par plus fort que lui. Les bords de sa base sont un peu abimés, et il n’est plus très droit. La rouille commence à l’attaquer, doucement mais sûrement. Bien sûr il a été luisant, brillant, droit et pointu ! Quand il était jeune, tout droit sorti de l’usine il avait été acheté par un tout jeune père de famille. Il soupire. Comme il était fougueux, impatient de servir, de maintenir, c’était son rôle de clou après tout ! Et un jour, effectivement, on l’avait cloué. Il ne sait même plus à quoi, pourquoi. Tout fier il avait tenu, longtemps. Il avait commencé à vieillir, aussi, petit à petit. Le temps faisait son travail, année après année. Et puis un jour il était tombé. Sûrement à cause de l’adolescent de la maison qui avait encore une fois claqué la porte. Il était resté par terre quelques jours. Puis la mère l’avait aperçu et jeté sur la table en disant que la petite aurait pu se blesser et qu’elle en avait marre de cette maison. Et elle avait claqué la porte. Maintenant il attendait. Quoi ? Que quelqu’un le récupère et le jette, qu’il finisse sa vie de clou. Il avait hâte.