Comming-out

J’écris un livre.

Voilà, c’est dit, enfin, c’est écrit. Cela explique peut-être un manque d’activité de ma part ces deux derniers mois. Cela ne va pas être facile, il va falloir du courage, beaucoup de courage et du travail. Ce ne sera pas un best-seller, un chef d’oeuvre ou même une oeuvre tout court. Ce sera mon livre, celui que j’aurai écrit pour moi, le premier. Ma vraie première fois, si j’y arrive.

Voilà, c’est fait, c’est dit, ne vous attendez pas à une profusion de textes ces mois-ci. Sûrement quelques uns, tout de même, mais pas autant qu’avant.

Alors, merci d’être passé et à bientôt,

Margot ♥

Défi #2 Claude

Photo envoyée par Claude

Un avion pour le moins étrange...

« Tu penses qu’il va décoller ?
– Je l’espère. C’est notre seule chance. »

Derrière un buisson, les deux ombres sont immobiles, indécelables dans l’obscurité.

« Pourquoi ils ont pas pris un avion plus récent ?
– Tous sous clé. C’est le seul qu’ils ont réussi à dégoter, dans un vieux hangar au fond de la base. »

L’avion se présente en bout de piste et tourne une dernière fois pour se mettre dans l’axe, poussé par plusieurs hommes. Puis ils remontent tous dans l’appareil, sans un bruit.

 » ‘Tention, ils vont démarrer le moteur. Ce sera à nous d’intervenir si les gardes sortent. »

A l’intérieur de l’avion le pilote actionne la manette des gaz. Son visage est crispé, son geste anxieux.
Dehors, les deux ombres sursautent quand les premiers tressautements se font entendre. Les hélices hésitent, et se mettent enfin à tourner à pleine vitesse. Les freins sont ôtés, et le colosse s’élance à l’assaut des quelques kilomètres de goudron. Il roule, de plus en plus vite. Des lumières s’allument dans les bâtiments. Le moteur, poussé à bout, gronde. Des voix, furieuses, hurlent. L’avion se cabre.

« Allez, décolle, décolle !
– Mais pourquoi il décolle pas ?! »

Comme s’il les avait entendu, l’appareil fait un ultime effort, et son train arrière se détache péniblement du sol. Un peu plus loin sur la base, des portes claquent. Il s’élève peu à peu dans le ciel. Des pas martèlent le sol, et on entend des coups de feu. Caché par un nuage, les fugitifs disparaissent…

« On a réussi, c’est bon !
– Maintenant, on s’tire, on s’tire ! »

Deux ombres détallent, et disparaissent dans la lande.

« Nouvelle nouvelle »

« Les mots les meilleurs sont ceux que nous cherchons en vain. » Ivo Andric

Je posterai peut être un court texte demain. En ce moment je retravaille le premier jet d’une « nouvelle nouvelle » toute jeune; j’attend beaucoup d’elle, je voudrais réussir à faire passer quelque chose de fort, alors je m’efforce d’écrire encore et encore !

Bonne soirée à vous,
Something in the Rain

Froid

Parfois une image peut provoquer une vague d’émotions…

Elle se mord les lèvres. Autrefois pulpeuses, brillantes, désirables, ce ne sont plus que deux bouts de peau gercées, deux plaies ouvertes. Ses grands yeux bleus se lèvent vers le ciel. D’ailleurs ils en ont la couleur, de ce plafond sans fin, sans nuages pour conserver un peu de chaleur. Le soleil est presque blanc, comme s’il était lui aussi recouvert par la neige, par le froid. Ses pauvres petits rayons ne chauffent rien, ils éclairent juste la vaste plaine déserte. Pas âme qui vive. Personne. Ou bien ils sont morts.
Elle se retourne vers son compagnon, épuisée:
« Ne devrait-il pas y avoir un village ?
-Si… »
Mais il n’y a rien. Juste une blancheur infinie, désespérante…
Les mains glacées de la jeune femme, enserrées dans des gants de fourrures percés, serrent un peu plus les rênes. Ses jambes, gelées elles aussi, se contractent contre le flanc de sa monture.
« Ils faut avancer quand même mon Amour » annonce l’homme qui se rapproche d’elle, et pose délicatement une main sur les siennes.
Les deux chevaux partent au pas, exténués.