Plongée

Un texte inventé lors d’un atelier d’écriture, peut-être une suite en cours, selon vos retours.

De l’eau, de l’eau tout autour. Le brouillard environnant s’épaissit, le bleu alors clair vire à la nuit : nous sommes comme perdus. Là où nous allons, il n’y a pas de vie, pas d’amour, pas de mort. Rien. Juste de vieilles pierres et des âmes perdues qui errent depuis des millénaires, seules, oubliées. Le fond de l’océan se rapproche, la carte se précise, et, sur l’écran, nous voyons apparaître les premières pierres, brisées. Elles gisent sur le côté, comme violemment jetées par des géants en colère. Le sous-marin entre lentement dans ce qui semble être une ancienne rue, ou peut-être un chemin que quelqu’un s’est frayé parmi les décombres. L’ambiance est lourde, l’équipage immobile et silencieux. Les yeux rivés sur les gravats, la chair hérissée, je crois que j’ai peur de ce qu’il peut arriver.

La mission a pourtant bien commencée, les premières heures de détente ont été rythmées par les blagues du professeur, les animaux marins croisés le long du chemin et les spéculations sur la ville et ce que nous allions y trouver. L’Atlantide, la cité des dieux, le monde disparu.

Le spectacle qui s’offre à nous est oppressant : l’engin s’est arrêté au bord d’un précipice au fond duquel se trouve l’endroit duquel nous avons tous rêvé. Mais rien n’est comme prévu ; le champagne est resté dans son seau et les sourires au fond des gorges de l’équipage. La ville est morte, effondrée, dévastée. A cause de la guerre, des dieux, des hommes ?

En face de nous il ne reste que de vagues ruines, des montagnes de souvenirs, de sensations perdues. Un ennui lourd, profond, féroce vole au dessus de l’Atlantide. Nous sommes les seuls à avoir osé le troubler, et, à cet instant, nous comprenons.

Un rire de jeune femme envahit l’habitacle, résonne, perce le métal et se perd dans l’océan, au loin, au loin.

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La course

Deuxième extrait…
Ce texte a quelques mois: mon écriture a évolué depuis. 

Ce jour là, elle avait opté pour un entraînement à cheval en compagnie de son camarade. Elle se rendit donc à l’écurie pour harnacher sa monture : Flammèche, jument au tempérament impatient, était une récente acquisition du château. On l’avait confiée à la jeune magicienne, son ancienne monture était partie couler une retraite paisible dans une des prairies alentours. Le palefroi de Loän, Baron, était quand à lui un puissant frison noir, fier et tempétueux. Sa sombre crinière dévalait son encolure, le couvrant de majesté. Les deux équidés s’entendaient très bien, comme leurs cavaliers : on les avait donc placés dans des boxes contigus.
Kya entra dans l’écurie et rejoignit sa jument. Elle aperçut Loän qui bouchonnait sa monture avec un peu de paille.

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Préparation

Petite description sortie de mon projet de roman

          Son étoffe brillante resplendissait dans la lumière du soleil déclinant. L’encolure, découvrant une partie de ses épaules, était bordée d’un ruban noir, profond comme la nuit. Les manches s’élargissaient au niveau des coudes et tombaient ensuite en cascades de tissu. Serrée à la taille par un autre ruban sombre, la partie basse du vêtement se fendait sur un lainage beige. Une quinzaine de centimètres de d’étoffe glissait derrière la jeune femme lors de ses déplacements, ce qui lui avait valu plusieurs fois des chutes mémorables. Après s’être séché les cheveux, elle s’avança vers un large miroir, encastré dans un des murs de la pièce. Elle brossa minutieusement sa longue chevelure d’ébène, et y posa un diadème qui l’enserrait pour la maintenir droite et fière. Il était d’or et serti de quelques joyaux : cadeau d’un jeune prince pour son seizième anniversaire. Pour finir, elle poudra légèrement ses yeux de noir et se recula de quelques pas pour contempler le résultat final. Oui, cela irait.