Le Goulag

Un autre texte écrit en club écriture, à partir d’un extrait du roman d’Alexandre Soljenitsyne, Une journée d’Ivan Denissovitch.

La neige ne lâchait jamais vraiment l’affaire, en Sibérie. Peut-être que c’était pour punir tous ceux qu’on envoyait là, s’était un jour dit le plus jeune des gardiens. Peut-être que c’était pour étouffer leurs voix, pour les faire taire parce qu’ils cherchaient à détruire le pays. Peut-être que c’était pour les ensevelir sous la poudreuse, les cacher afin que le monde ne les aperçoive pas, parce qu’ils auraient fait tâche. Peut-être que c’était pour ajouter à leur peine. Ou peut-être que c’était juste comme ça, et qu’il ne fallait pas chercher plus loin. Lui, le jeune gardien, il ne savait pas trop ce qu’il foutait là. C’était bien payé et puis même si on se pelait, la bouffe n’était pas mauvaise. Puis, ils étaient drôles, tous ces gars, à creuser, avec leurs mines grises et mornes. Ça faisait de l’animation.

Puis, de toute façon, c’était pas tellement bon de se poser des questions, comme ça, d’essayer de réfléchir. Il fallait qu’il fasse attention, il allait finir par se retrouver au Goulag.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s