Lauréat de l’auteur

Voici le lauréat de l’auteur qui m’a fait l’honneur de participer au concours, Nicolas Wulf !
Belle lecture !

Bonjour ! Peux-tu te présenter pour les lecteurs du blog ?
Bonjour à toutes et à tous ! Âgée d’une trentaine d’années, j’habite à Lyon après avoir passé mes dix-huit premières années enlacée et parfois secouée par les vents de la côte atlantique. Fortement attirée par les matières scientifiques, je suis une informaticienne qui considère que le monde est loin de fonctionner en mode binaire et que rien n’est tout blanc ou tout noir. La danse, la lecture et l’écriture font partie de mes loisirs ; elles me permettent de m’évader.
Je me mets à écrire dès mon enfance, à commencer par les petites histoires rigolotes de gamine, en passant par la participation à un atelier d’écriture au collège, la dizaine de cartes postales envoyés à la famille pendant les vacances, des poèmes d’adolescente amoureuse et en terminant par de longues lettres à mes correspondants français et étrangers. La lecture de fictions m’a conduit à l’écriture de fictions, dans les années 2008-2009, avec la volonté de créer mes propres situations : soit les histoires que je lisais ne se déroulaient pas comme je l’aurais souhaité, soit j’étais déçue de l’absence ou la présence de tel ou tel personnage. Prolifique et assidue durant mon enfance, je me suis mise naturellement à l’écriture créative après avoir observé une pause pendant mes études.
J’utilise le nom de plume de Claire qui est, en fait, mon deuxième prénom.

Blog de l’auteur

Quel est ton rapport à l’écriture ? Tes motivations ?
L’écriture me permet d’aller à la rencontre d’un inconnu plus ou moins probable et souvent hors de portée de mon quotidien. Installée sur mon canapé avec mon stylo et mon bloc notes, je prends part à des scènes de vie et fais de nouvelles connaissances (bonnes ou mauvaises…). Fan des romans de Bernard Werber, je suis particulièrement attirée par la fantasy, le fantastique et dans une moindre mesure, la SF. Le cocktail vie quotidienne-éléments surnaturels constitue à mes yeux un puits infini de possibilités. Je me plais à imaginer que la magie est une science que les Hommes n’ont pas encore découverte et que le fantastique existe pour pimenter nos vies.
Et puis, lorsque j’écris, je me surprends : un jour, je me laisse aller à pianoter frénétiquement sur mon clavier car mes pensées sont beaucoup rapides que mes doigts ; un autre, je relis à plusieurs reprises mes lignes précédemment écrites et les remanie encore et encore, en m’efforçant de fuir le syndrome de la page blanche.
Au final, à mes yeux, écrire, c’est inventer, se découvrir et parfois, se réinventer soi-même.

As-tu des projets particuliers en ce moment ?
J’ai l’intention de participer à d’autres concours de nouvelles d’ici les prochains mois. Raconter des histoires est un art qui se travaille et je suis perfectionniste !
En parallèle, je travaille sur le plan de mon premier roman. C’est un véritable défi. J’ai toujours rêvé de publier un jour ma propre histoire! J’espère que le résultat plaira. Affaire à suivre donc …

Peut-on te suivre sur un blog ou des réseaux sociaux ?
Pas encore, car mon blog est en cours de construction. En attendant, vous pouvez me contacter à l’adresse suivante : claire.fayent[at]gmail.com.

Un mot pour la fin ?
C’est ma deuxième participation à un concours et la première fois que mon texte est sélectionné. Merci à Nicolas Wulf. Je suis ravie !
J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce texte ; je me suis surprise à rédiger les premières phrases sans avoir à aucun moment pensé à la fin de la nouvelle. Dans cette aventure, je me suis laissée guider par la spontanéité de mon imagination ; j’ai adoré cette sensation !
Bon vent à toi, Margotte, et à tous les lecteurs de ton blog !

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La petite fille et la brise

Petite fille du vent, cousine éloignée des alizés, je parcours les territoires avec une insatiable curiosité. Sur terre comme sur mer, je savoure ma liberté de petite brise nouvelle-née. A présent, comme j’aperçois la côte sauvage, mon courant d’air s’amplifie avec fébrilité. Me voici en Bretagne, quels beaux horizons !

***

En compagnie de quelques sœurs et cousines, je me mue en une énergique bourrasque à l’approche des terres. Mon courant d’air rebondit au sommet des flots et les enhardit pour mon plus grand plaisir. Avec délice, j’imprègne ma coiffe du sel éclaboussé par les vagues, puis je heurte la falaise avec violence dans un mugissement rauque. Me mêler à l’écume des vagues si puissantes me ralentit et m’enivre à la fois. Avec les autres brises, j’effleure les roches de granit rose éclaboussés par les embruns pour les sculpter de mon infime marque. Puis, mon courant épouse les courbes des cavités rocheuses comme dans un tremplin ; je virevolte à travers le labyrinthe obscur des anfractuosités, guidée par le relief irrégulier. Mes sifflements aigus et manifestes témoignent de mon exaltation.

Alors que le soleil descend sur l’horizon, l’excitation provoquée par les pirouettes dans les reliefs accidentés est retombée. Je rencontre les premiers hommes de la journée. Les gouttes de pluie transpercent mon courant d’air devenu vif. Avec un zeste d’espièglerie, j’assaille les promeneurs, avec l’aide des embruns. Bientôt, les cirés sont de sortie, tandis que j’œuvre à retourner les parapluies. Aïe ! Cet humain que j’ai choisi s’avère coriace. Je l’ai ciblé en particulier, timide et gringalet. Mais, avec acharnement, il tire sur l’objet pour le retenir. Moi-même, je tente de lui voler en m’engouffrant par en-dessous, par les côtés… mais rien à faire, l’homme est parvenu à le replier et à s’enfuir.

Déçue et non moins abattue, je poursuis mon déferlement, m’engloutis dans quelques cols montants pour humer parfums fleuris ou musqués, emmêle avec jalousie quelques longues chevelures indisciplinées et siffle aux oreilles des porteurs de casques audio.

***

Alors que je m’apprête à participer à un rugissement collectif, je découvre cette petite fille derrière un buisson. Je tourne plusieurs fois autour d’elle pour l’étudier. Les cheveux bruns collés sur son visage par la pluie, elle ne semble pas préoccupée par mon courant d’air qui pénètre sous son ciré bleu et ses bottes trop larges.

J’avoue que je suis déçue. Insouciante, elle se met à courir et dodeline le long d’un chemin rocailleux. Je réalise qu’elle est sans surveillance. Mais où sont ses parents ? Qu’importe, je la suis. Au sortir de l’ombre des arbres, je découvre l’objet de son attention : un ballon rouge déjà bien haut dans le ciel qui effleure les murs d’une ancienne de guet maritime. Le monument est ceint d’un muret malmené par l’océan. Les nuages menaçants au loin annoncent une tempête approchante. Les vagues déferlent déjà au-dessus du petit mur.

Insouciante petite fille, ne fait pas la même erreur que moi !

Elle ne m’entend pas. Préoccupée, je fonce vers l’objet à l’encontre des vents forts du large, parmi lesquels des cousins ou des oncles. Qu’ils me rendent ce ballon ! Je siffle à leur encontre. Taquins, nous nous engouffrons sous le chapeau de la tour pour nous chamailler à l’abri des autres courants. Quelques ardoises tombent sur le sol pavé sous l’impulsion de nos coups de queue. Tout cela pour un jouet ; on se croirait dans une cour de récréation !

Le tonnerre gronde à l’horizon et un éclair zèbre le ciel chargé de nuages noirs. Je profite du fracas provoqué par mon arrière-arrière-grand-père pour tenter une percée. En un instant, ma malice me permet d’attraper le ballon et de l’emprisonner en mon sein. Sa paroi est fragile, mais souple et mon courant protège avec fierté cette surface lisse comme la soie.

Je dois me hâter.

Usée par les contre-courants de mes cousins, je parviens avec peine à rejoindre la petite fille au ciré bleu. Abritée sous un porche en compagnie de ses parents, elle tend la main vers l’objet et le fixe d’un regard larmoyant. Je me transforme en une petite tornade – ce n’est ni la saison, ni l’endroit approprié – et lui offre son ballon comme sur un plateau. Avec un sourire au coin des lèvres, elle saisit la ficelle d’un mouvement vif et le ramène à elle comme s’il s’agissait de sa poupée fétiche.

Petite fille, tu l’as échappée belle ! Si tu t’étais aventurée près de la mer, les vils courants d’air t’auraient emmenée. Ne vois-tu ce gros nuage menaçant au-dessus de ta tête ? Je te souhaite de ne jamais comprendre comment naissent les brises avec les âmes…

Si près de son visage marqué par l’inquiétude, je jurerais qu’elle m’a entendue.

***

Arrière-arrière-grand-père rugit à nouveau au-dessus de moi avec toute sa colère pour imposer sa présence. Ma queue frémit d’effroi ; je prends peur et m’enfuis à travers les feuillages de maigres arbustes. Puis, je m’insinue dans la plantation épaisse de quelques roseaux et autres fleurs d’eau, jusqu’à ce que s’annonce mon nouveau jeu. Voici une cheminée qui crache une épaisse fumée. Je plonge avec malice dans l’ouverture et siffle de ma voix de courant d’air la plus aigüe. Je m’agite avec impatience : qui vais-je maquiller de suie ?

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4 réflexions sur “Lauréat de l’auteur

  1. Bonjour à tous ! Je profite de ma visite sur le site pour vous informer de l’ouverture de mon blog perso : EbulliMots.
    URL : http://www.ebullimots.com

    Vous y retrouvez mon texte « La petite fille et la brise », ainsi que des critiques de romans dans le genre de l’imaginaire.

    Venez me rendre visite et dîtes-moi ce que vous en pensez !

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  2. Merci (je suis l’auteur du texte). J’avoue que je ne connais pas le film « Le Ballon Rouge ». Pour cette nouvelle, je me suis inspirée d’une promenade à Ploumanac’h lors d’un séjour en Bretagne. C’était au mois de juin ; Il pleuvait du crachin et le vent soufflait bien fort. Mais, le paysage était grandiose :)

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