Lauréat du forum Sky Dreams

Voici le lauréat du forum Sky dreams !

Bonjour ! Peux-tu te présenter pour les lecteurs du blog ?
Bien difficile question. On a toujours peur d’omettre quelque chose, ou de dire quelque chose qui sera mal interprété. Mais enfin. C’est la règle du jeu. Alors pour tous les lecteurs de ce blog, je m’appelle Diane Mond, aussi connue sous le pseudonyme de Hiendi Mond ou Hiendi tout court, sur quelques forums littéraires, artistiques etc. de la toile. Je suis lycéenne mais plus pour longtemps (enfin, dans l’idéal, bien sûr). Je vis dans le Sud de la France (non mais genre vraiment au Sud, vous voyez. Au bord des Pyrénées) depuis dix-sept ans maintenant… ça tombe bien j’ai dix-sept ans. Certains trouvent ça très jeune, d’un côté on est toujours très jeune et très vieux. J’ai plein de projets et de l’énergie à revendre (et c’est là que certains disent : « Ah, la jeunesse… »). J’aime à me décrire comme musicienne, pas forcément dans le sens personne douée pour la musique, mais tout du moins musicienne de cœur, dans le sens où j’ai en moi ce besoin vital, essentiel, de prendre chaque jour mes instruments et de travailler. En fait j’aime à me décrire comme artiste. Musicienne, danseuse dans un passé pas si lointain, écrivaine, dessinatrice (qui a certes beaucoup de progrès à faire, mais bon), photographe un peu… J’aime toucher à toutes les formes d’expression pour essayer d’en exploiter toutes les possibilités de création. Je pourrais dire plein de choses encore, mais est-ce que ça vous intéresserait ? Pour faire court : j’aime réfléchir. J’aime voyager, de l’intérieur et de l’extérieur à la fois. Je n’aspire qu’à découvrir. Et puis à partager aussi, grâce à l’art.

Quel est ton rapport à l’écriture ? Tes motivations ?
C’est bête de dire ça, mais je suis venue à l’écriture presque par hasard, en vérité, par défi. C’est bête, mais c’est ainsi. Peut-être était-ce une façon aussi pour l’écriture de venir à moi. Depuis, beaucoup de choses ont changé. J’ai vu tout ce qu’était écrire pour moi. Un besoin, ça beaucoup de gens vous le diront. Mais aussi une chance. Une façon d’exister, et de façonner le monde. Je vois l’écriture comme une sculpture. La langue est notre argile. Je fais très attention à la langue. Certains n’aiment pas ça. Trop maniaque ? Je ne pense pas. La langue est notre matériau. Ce dans quoi nous fourrons nos mains jusqu’à les noircir. Ecrire, c’est modeler les mots, les façonner, les ciseler, pour les rendre précieux… Pour y mettre des émotions, car c’est pour moi tout ce qui compte. Je veux une écriture qui prenne aux tripes, qui éveille en nous des souvenirs, des émotions, des sensations. Je veux donner à lire des textes qui ne rendent pas indifférents, des textes qui font remuer ne serait-ce qu’une petite part de celui qui les lit. J’ai la sincère conviction qu’en écrivant, on peut atteindre quelque chose de grand, de très grand. Quelque chose de magique, et de surhumain.

As-tu des projets particuliers en ce moment ?
Niveau écriture ? Parce que sinon, j’ai toujours des projets. Mais je ne vais pas vous raconter ma vie (pas en entier du moins). Concentrons-nous sur l’écriture. De projets précis (genre j’écris un roman), non. L’édition, on pourrait dire, d’un recueil de nouvelles. Pas hyper original, mais bon, on n’est pas obligés de l’être. Enfin quand je dis « projet »… Je l’envoie à plusieurs éditeurs avec un regard désabusé quand l’enveloppe tombe dans la boîte aux lettres. Je sais bien que c’est peu probable, pour le moment. Mais bon, faut bien se donner l’illusion. Sinon, je participe à beaucoup de concours, dans la France entière. C’est un bon moyen de se faire lire et connaître, et puis de voir son texte publié dans les recueils desdits concours. Et puis toujours cet arrière-goût de compétition, bien qu’en littérature ce soit plus complexe que pour d’autres choses.

Peut-on te suivre sur un blog ou des réseaux sociaux ?
Oui, tout à fait. Encore une fois, pas très original, j’aurais pu être une ermite de 17 ans reclue dans sa tanière… Mais non. J’ai un blog, qui porte mon nom (mon Dieu, on atteint des sommets d’originalité, là !) et une page Facebook aussi. Et puis twitter aussi  (encore une fois hyper original, pas vrai). Mon dieu, que je suis moderne.

Un mot pour la fin ?
Un seul ? Merci ? Merci à toi, Margotte, d’avoir organisé ce sympathique concours. Et à tous les lecteurs de ce blog, continuez de lire, lire, en ligne ou ailleurs. Allez cueillir toute la beauté des mots, et du monde qui vous entoure, car Quels que puissent être vos malheurs ou mésaventures, il y aura toujours quelque chose de beau non loin de vous.

__________

Le plus grand secret du monde

 

−        Tu sais, Mathilda, lui dit-il un jour, la vie n’est qu’un long souffle, et je crois que j’aurai bientôt perdu le mien…

−        Ne dites pas ça, grand-père… Il vous reste encore bien des années à vivre, et des plus belles.

            Il rit doucement :

−        Ce n’est pas parce qu’on refuse d’accepter les vérités qu’elles en deviennent moins vraies, tu sais, ma chérie. Non, il faut bien l’admettre, j’ai fait mon temps, et viendra bientôt pour moi le moment de partir…

−        N’y a-t-il rien qu’on puisse faire ? répondit sa petite fille, les yeux humides.

            Il sourit :

−        Non, rien. Enfin, si, une chose ; il me reste une chose à faire. Il faut que je te livre mes secrets…

            Ils sortirent tous deux dans le jardin. Elle le regardait, intriguée. Il s’arrêta soudain, et s’immobilisa. Il resta ainsi, plusieurs minutes. Mathilda le regardait, interrogative : que se passait-il ? Perdait-il peu

−        Grand-père, est-ce que tout va bien ? Quel est ce secret que vous vouliez me livrer ?

−        Le secret… Il est là, Mathilda, écoute !

            Elle écouta ; il n’y avait rien. Il vit à quel point elle était désorientée et reprit :

−        Tu n’entends pas, n’est-ce pas ? C’est normal. On a souvent du mal, au début. Mais écoute, Mathilda, écoute mieux encore. Toute la vie est là, sous nos yeux, ou plutôt… Sous nos oreilles. Je te l’ai dit, Mathilda, la vie n’est qu’un souffle, un long souffle… Ecoute-le, et il te livrera tous ses secrets.

            Lorsqu’il eut fini de parler, le silence se fit de nouveau. Mathilda écouta encore ; elle ferma les yeux, pour mieux écouter, et elle entendit. Elle entendit le souffle du vent, qui caressait les arbres, l’herbe, tout autour d’elle. Elle continua d’écouter, et entendit la respiration de son grand-père, à côté d’elle, et enfin son propre souffle.

            Je suis vivante !

            Je suis vivante, c’est la pensée qui traversa son esprit alors. Oui, elle vivait et en cet instant, il n’était rien de plus beau sur Terre. Elle se sentit envahie d’un bonheur immense, le bonheur d’être en vie, le bonheur d’exister et de savoir qu’on existe.

            Mais soudain, elle n’entendait plus le souffle du grand-père. Elle ouvrit les yeux ; il n’était plus là. Elle sortit, interpella ses voisins, les passants ; nul ne l’avait vu. Elle l’appela ; il ne revint pas.

***

            On ne retrouva jamais le grand-père disparu. Les parents de Mathilda disaient qu’il avait agi comme les chats, qui s’éloignent avant de mourir afin que leurs maîtres ne les voient pas.

            La jeune fille ne se faisait aucune illusion ; elle savait bien qu’il ne vivait plus. Mais malgré tout, elle n’était pas triste : quand elle pensait à lui, elle se mettait face au vent, comme il lui avait montré, et dans la brise sauvage, elle pouvait entendre encore le plus grand secret du monde. Le souffle de la vie, le rire de l’être cher.

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