Calendrier de l’Avent – 23

Il n’y a pas deux jours que Marine a quitté Camille, mais le garçon lui manque déjà. Elle pense à lui en s’endormant, en se réveillant, en jouant avec son petit frère, en prenant sa douche, en s’habillant, en mangeant…

Il a été si gentil de l’amener à la gare, après ce qu’elle lui a fait subir. Enfin, il n’a eu de cesse que de répéter que ce n’était pas grave, mais elle est tout de même tombée dans les pommes et restée toute une journée à l’hôpital, l’empêchant d’aller travailler. La plupart du temps, il était à son chevet entre deux examens, mais quelques fois il s’éclipsait, comme s’il connaissait quelqu’un d’autre dans le centre médical. Mais il avait été là.

Alors, en y repensant, le sourire aux lèvres, elle fait comme elle a déjà fait de nombreuses fois depuis un semaine : elle attrape son téléphone et compose le numéro du jeune homme :

« Allo ?

– Coucou Camille, c’est moi ! »

Lui, de l’autre côté de la ligne, sourit. Elle se présente toujours comme ça, d’un « c’est moi ! » enjoué et un peu enfantin. Quelqu’un d’autre lui demanderait son nom, décontenancé, mais lui est habitué et ravi de l’entendre à chaque fois. Il lui demande comment elle va, quel temps il fait, si son petit frère va bien. Il sourit d’entendre qu’elle est de bonne humeur, rit des nouvelles inventions du petit frère, soupire des disputes avec les parents. Et quand elle a finit de parler de sa vie chez elle, elle se tait. Et lui non plus ne dit plus rien. Ils attendent, silencieux, pendant plusieurs minutes. Soudain, Marine se lance : « Tu sais, tu me manques beaucoup. Oui, enfin, tu le sais. Mais tu me manques vraiment, je pense souvent à toi. Et j’espère que je n’ai pas été trop lourde, l’autre jour. Merci beaucoup au fait. Et c’était agréable d’être dans tes bras. Oui, je sais bien que je suis plus jeune, que j’habite loin, tout ça, mais j’y peux rien. En fait, tu vois, je pense que je suis amoureuse, un petit peu. » Et elle raccroche.

A l’autre bout de la ligne, Camille reste immobile un instant, puis son bonheur éclate et il crie de joie. En faisant peur à son chat.

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