Calendrier de l’Avent – 22

            La chambre d’hôpital est calme, comme d’habitude. L’homme allongé dans le lit qui occupe presque tout l’espace est bercé par le bruit des machines, qui émettent des sons à intervalles réguliers. Il respire si faiblement que l’on ne voit pas sa poitrine se soulever, ses yeux sont clos et ses lèvres entrouvertes. Tout dans la pièce est immobile, même Camille, au chevet de son père depuis bientôt une heure ; lui non plus ne bouge pas, épuisé. Marine lui manque un peu. Beaucoup, en fait.

            Elle est rentrée chez elle hier et c’est lui qui l’a ramenée à la gare, qui l’a aidé à monter ses valises dans le train. Puis ils se sont fait la bise, le train est parti. Et c’était tout. Quand il y repense, sa gorge se noue un peu : il aurait dû lui dire tout ce qu’il éprouvait quand elle était à ses côtés, qu’à chaque fois qu’elle lui téléphonait il se retrouvait à sourire comme un gamin, qu’il faisait souvent des détours pour passer devant son lycée, dans l’espoir de l’apercevoir. Non, en fait, il a mieux fait de se taire. Il est plus vieux qu’elle, de toute façon.

            Alors il soupire, tout doucement, pose sa main sur celle de son père et ferme les yeux. Il pense que, de toute façon, il doit encore s’occuper de lui. Un voile de tristesse se pose sur son visage et il s’endort.

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