Calendrier de l’Avent – 17

Gabrielle ouvre les yeux tout doucement, la rue est silencieuse aujourd’hui, très silencieuse. Elle les referme aussitôt : tout est sombre, il n’y a pas encore lieu de s’inquiéter. Mais le jour va bientôt arriver, elle le sent, elle le sait. Et alors, il faudra sortir du sommeil, il faudra quitter ce monde imaginaire où tout est si paisible, si tranquille. Et il faudra résister. Résister au vent, à la pluie, à la neige, au froid ; résister aux regards méchants, aux regards mauvais, aux regards plein de pitié, aux regards intéressés aussi : certains se demandent si elle ne troquerait pas un petit bout de pain contre quelques amusements. Dans quelques heures, la vie, la vraie, recommencera.

« Papa, tu penses qu’elle dort encore ? demande Lou en trépignant,

–         Oui, ma puce, elle doit sûrement dormir. Laisse lui le temps de se réveiller, elle doit être vraiment très fatiguée, tu sais.

–         Papa, je peux lui apporter maintenant ? » supplie la petite fille, avec de grands yeux.

Elle a préparé un énorme plateau de petit-déjeuner, couvert de viennoiseries, d’un grand bol de chocolat chaud et d’un verre de jus d’orange frais qu’elle a pressé elle-même ce matin. Alors, son papa cède, accepte qu’ils aillent lui amener le plateau et lui dit qu’il va l’aider, car c’est très lourd. Lou saute de joie et un sourire éclate sur son visage.

      Elle grimpe les marches quatre à quatre, et frappe tout doucement à la porte de la chambre d’amis.

      Gabrielle entends des coups : que se passe-t-il ? Elle ouvre les yeux pour de bon, s’attendant à voir des travaux, mais s’aperçoit qu’elle se trouve dans une chambre, toute seule, couchée dans un lit moelleux. Elle se redresse soudainement, ne se rappelle plus de rien. Elle panique quelques instants, puis se souviens de la veille : Lou et son papa, le sapin, la douche, le pyjama de Marc, puis plus rien. Elle a dû tomber de fatigue lorsqu’ils préparaient le repas et qu’elle était sur le canapé… mais comment a-t-elle fait pour arriver jusqu’ici ? Marc a dû la porter : en y pensant elle rougit. De nouveau coup se font entendre et une petite voix murmure : « Papa, elle n’a pas dit entrez, tu penses qu’elle dort toujours ? »

      Alors Gabrielle comprend, et dit à Lou qu’elle ne dort plus. La petite pousse la porte, saute sur le lit et lui fait un énorme câlin. Marc arrive derrière avec le plateau et Gabrielle le découvre avec un air abasourdi : « C’est… c’est pour moi tout ça ? »

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