Calendrier de l’Avent – 15

Hier, Marine a trouvé un portefeuille dans la rue. Elle a tout d’abord pensé qu’il était trop tard pour appeler son propriétaire, s’est dit qu’elle le ferait le lendemain. Mais elle n’a pas résisté, quelque chose l’a décidée : elle a reconnu la photo de la carte d’identité.

Il y a quelques jours, quand elle était allée chercher un cadeau pour son petit frère et qu’elle n’avait, en fin de compte, acheté qu’une tablette de chocolat, son attention avait été retenue par le caissier de la grande surface. Et elle venait de se rendre compte que c’était son portefeuille qu’elle avait ramassé.

Alors, elle l’avait appelé. Elle s’était présentée comme une lycéenne ordinaire, sans préciser qu’ils s’étaient déjà rencontrés. Alors, ils avaient convenu que Camille viendrait la chercher le lendemain, à dix heures, pour prendre un chocolat chaud. Et bien sûr, pour qu’il récupère ses affaires.

Aujourd’hui, Marine s’est levée tôt et a passé une bonne heure à se préparer. D’habitude, elle enfile les premiers vêtements de la pile pour aller en cours, regroupe ses cheveux en une grossière queue de cheval et ne se maquille pas. Mais là, elle a apporté du soin à sa tenue. Elle a décidé de mettre ses habits qui la mettent le plus en valeur, sans trop en faire non plus ; elle s’est même autorisé une touche de mascara, juste assez pour agrandir son regard. Mais elle n’est pas allée jusqu’à détacher ses cheveux : ça la dérange et en plus, elle trouve que cette coiffure ne lui va pas.

Elle enfile ses chaussures, attrape son manteau, son écharpe, se regarde une dernière fois dans le grand miroir du couloir. Soudain, elle se demande pourquoi elle fait tant attention à sa tenue. Ce garçon, elle ne l’a vu qu’une seule fois, uniquement quelques minutes. Que va-t-elle s’imaginer ? Elle hausse les épaules, se dit qu’elle réfléchit trop et dévale les escaliers.

En bas du bâtiment, Camille l’attend. Lorsqu’il l’aperçoit, ses yeux s’arrondissent : elle ? La jeune fille à qui il n’avait pas osé parler, l’autre jour ? Gêné, il balbutie un bonjour ; les deux jeunes gens s’installent dans la voiture et partent vers le café.

Une fois assis à la table, un café et un chocolat chaud commandés, Marine sort le portefeuille de son sac et le tend à Camille. Ce dernier jette un rapide coup d’œil dedans et la remercie : « Merci de m’avoir appelé, je croyais l’avoir définitivement perdu. Toutes les démarches à, refaire, pour avoir de nouveaux papiers d’identité, ça m’épuisait d’avance ! Et puis il y a une photo à laquelle je tenais beaucoup, aussi. Enfin, merci, répéta-t-il en souriant. Mais je ne sais même pas comment tu t’appelles ?

–         Marine, répondit-elle d’un air enjoué. Je t’avais reconnu sur ta photo d’identité, enfin, j’avais deviné mais je n’étais pas certaine. »

Camille rougit imperceptiblement, cela voulait dire qu’elle l’avait remarqué, l’autre jour. Mais il engagea la conversation sur un autre sujet. Ils parlèrent longtemps, de tout et de rien, de leurs vies, leurs espoirs, leurs rêves. Camille oublia volontairement un seul détail, son père, malade.

Et lorsque midi arriva, il proposa à la jeune fille d’un air entendu : « Je t’invite pour le déjeuner ? »

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