La course

Deuxième extrait…
Ce texte a quelques mois: mon écriture a évolué depuis. 

Ce jour là, elle avait opté pour un entraînement à cheval en compagnie de son camarade. Elle se rendit donc à l’écurie pour harnacher sa monture : Flammèche, jument au tempérament impatient, était une récente acquisition du château. On l’avait confiée à la jeune magicienne, son ancienne monture était partie couler une retraite paisible dans une des prairies alentours. Le palefroi de Loän, Baron, était quand à lui un puissant frison noir, fier et tempétueux. Sa sombre crinière dévalait son encolure, le couvrant de majesté. Les deux équidés s’entendaient très bien, comme leurs cavaliers : on les avait donc placés dans des boxes contigus.
Kya entra dans l’écurie et rejoignit sa jument. Elle aperçut Loän qui bouchonnait sa monture avec un peu de paille.

« Alors damoiseau, prêt à être ridiculisé ? lui lança-t-elle.
– Tu blagues ? Je ne me suis jamais fait ridiculiser par  » Demoiselle Kya, dernière apprentie du maître magicien Koron « , ironisa le jeune homme d’une voix pincée.
– Cela ne saurait tarder », répliqua-t-elle, s’habillant d’une dignité assez exagérée. Elle attrapa un peu de paille pour brosser la belle Flammèche. Sa robe tachetée de blanc l’avait toujours amusée, elle semblait avoir été victime d’un plaisantin qui l’aurait aspergée de lait. Puis elle lui mit son harnachement et, accompagnée de Loän, s’avança dans la vaste cour.

L’écurie était située dans un angle du château, entre l’entrée principale et les cuisines. On ne la distinguait pas depuis le donjon, ni depuis les bâtiments principaux. Elle était isolée pour deux raisons : les chevaux n’appréciaient pas la trop forte agitation des nobles, et ces derniers n’aimaient pas l’odeur de la paille et du crottin ; au moins, comme cela, tout le monde était satisfait.

« Alors chevalier, prêt ? » lui lança-t-elle en montant en selle.

Elle éperonna sa monture et sortit comme une flèche de l’enceinte du château, faillit renverser plusieurs charrettes, s’attirant les foudres des conducteurs. Les sabots noirs de sa jument claquaient sur la pierre usée. Elle suivit la route au triple galop, couchée sur l’encolure de son cheval et goûtant à l’ivresse de la vitesse. Mais le jeune homme la rattrapa et se maintint à ses côtés. Il la regarda d’un air provocateur, et bifurqua brusquement à droite, s’élançant dans la vaste plaine. L’apprentie murmura à l’oreille de sa jument :

« Allez ma belle, donne tout ce que tu as dans le ventre, on va l’avoir ! »

Flammèche, comme emballée par cette vision victorieuse, s’élança si vite qu’elle semblait voler. Baron et son cavalier avaient déjà sauté le premier obstacle, et enchaînaient une série de bosses. L’herbe défilait de plus en plus rapidement sous les sabots de la belle alezane. Le tronc d’arbre se rapprochait… de plus en plus… Elle fléchit ses antérieurs et sauta. Ses sabots passèrent à quelques centimètre de l’écorce, mais elle avait réussi !

« Continue comme ça ma Flammèche ! »

Et elle galopait, elle galopait… Ses sabots foulaient bruyamment le sol, faisant voler des mottes d’herbes, retournant la terre humide… Et voilà qu’elle enchaînait les obstacles, comme jamais elle ne les avait enchaîné ! Loän croyait son cheval bien en avance, il le fit ralentir, mais fut dépassé par un bolide alezan tacheté de blanc, et entendit le rire moqueur de la jeune fille se perdre dans le vent : « Je t’avais bien dit ! »

La belle Flammèche finit le parcours bien avant Baron. Ce dernier la rejoignit près du ruisseau où elle s’était arrêtée. La jeune magicienne était déjà descendue de cheval et se baignait à présent entre les rochers, dans une eau de cristal qui accueillait des dizaines de poissons multicolores, pas le moins du monde effrayés par sa présence. Elle avait retiré son épée et son équipement de combat, mais avait gardé sur elle sa tunique noire parcourue de fils dorés. A présent elle s’amusait à faire voler les alevins grâce à sa magie, ce qui était nettement plus facile que de soulever une lourde pierre ! Les petits poissons semblaient se prêter volontiers à ce jeu, et effectuaient de nombreuses figures acrobatiques avant de retomber dans l’eau dans des gerbes d’éclaboussures scintillantes.

« Damoiselle Kya s’amuse avec des poissons ? ironisa Loän, déçu par sa première défaite.
– Damoiselle Kya s’entraîne à manier la Magie et se repose après une grande victoire ! rectifia la jeune fille, le plus sérieusement du monde.
– Après sa première victoire… » la corrigea-t-il en enlevant à son tour son équipement. Il sauta dans l’eau sans aucune délicatesse, avec grand bruit, ce qui eut comme résultat de faire fuir tous les poissons.

« Loän !! » hurla Kya, très mécontente. Elle qui avait prit bien soin de ne pas se mouiller les cheveux, ni le haut de sa tunique, elle était maintenant trempée de la tête aux pieds. Le jeune homme ne put se retenir de rire devant l’air consterné et déconfit de sa victime. La magicienne était totalement mouillée, ses cheveux bruns devenus noirs à cause de l’eau entouraient deux yeux sombres de colère.

« Espèce d’abruti ! Regarde moi maintenant ! De quoi ai-je l’air ? » Et elle l’éclaboussa, le trempant à son tour.

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